Neil Young never sleeps


“Dead Man, on dirait du Bill Frisell »
Fred Pallem, le leader du Sacre du tympan, remonte le Neil depuis 2008 avec le tribute Neil Young Never Sleeps. Quand l’esprit guitare rencontre les cuivres…
Par Christophe Geudin

Muziq : Que représente Neil Young pour toi ?
Fred Pallem : Neil Young, c’est une influence très ancienne. J’écoutais ça au conservatoire en classe de jazz quand j’avais 20 ans. Je n’en parlais pas trop à l’époque, parce que ce n’était pas très bien vu. Il fallait suivre une ligne de conduite et Neil Young était un peu mon jardin secret. J’ai toujours adoré la country et le bluegrass, Townes Van Zandt, John Hiatt, Dylan… Neil Young est venu un peu après. Avant ça, vers 14, 15 ans, j’avais lu dans un magazine qu’“ Harvest“ était un disque de référence du rock. Je l’ai acheté et j’ai trouvé ça pourri. C’était un disque folklorique (rires) ! Je l’ai rangé, mais je l’ai redécouvert quelques années plus tard.

Qui sont les membres de Neil Young Never Sleeps ?
Vic Moan, un songwriter américain génial que j’ai rencontré grâce à Vincent Ségal, Juliette Paquereau, la chanteuse de Diving With Andy avec qui je collabore régulièrement, Rodolphe Burger, que j’avais envie d’inviter depuis longtemps, Guillaume Magne à la guitare… Il y a aussi un bassiste, Jean-Marc Pelatan, car je joue plutôt de la guitare et du piano sur ce projet, en plus de chanter et de faire des chœurs.

Quel est votre répertoire ?
On ne reprend pas forcément les tubes. Quand je suis en charge d’un tribute, je ne fais jamais de best-of. J’essaie toujours de concocter un set avec les morceaux qui sonnent pour les bonnes personnes. J’ai demandé à chaque invité les morceaux qu’ils avaient envie de jouer, ils m’ont aussi soumis des choses. L’idée est aussi de donner une couleur un peu Sacre du tympan avec pas mal de cuivres, tout en conservant l’esprit guitare.

Qu’est-ce qui te plaît dans la musique de Neil Young ?
Ce que j’adore chez Neil Young, c’est le choix de ses tempos, le balancement de ses morceaux, comme chez Isaac Hayes d’ailleurs. Le tempo, c’est un des premiers trucs qui m’accrochent. Il y a toujours une finesse dans les accords et la mélodie, mais sa musique peut aussi être très brute, comme dans Cortez The Killer où tu n’as que trois accords en boucle. Ensuite, ses riffs sont sublimes. Il n’y a qu’à écouter la BO de Dead Man pour s’en rendre compte, on dirait du Bill Frisell.

As-tu une période de prédilection dans la longue discographie de Neil Young ?
Toutes ses périodes sont intéressantes, mais ma période préférée est peut-être celle d’avant “Harvest“. Mon album préféré est “Everybody Knows This Is Nowhere“. Il y a aussi le “Live At Massey Hall“ en solo qui est parfait de bout en bout. Il est intouchable, au sommet de son art. J’aime beaucoup “Trans“ également. Chez Neil Young, il y a du bon dans presque tout.

Avec :

Rodolphe Burger, OK (Guillaume Magne), Fred Pallem (guitars, vocals)
Vic Moan (Mandolin, vocals)
Juliette Paquereau (DIVING WITH ANDY)
JM Pelatan (No Money Kids) (bass)
Emiliano Turi (Ornette) (Drums)
JOURNAL INTIME: Fred Gastard (sx) Mathias Mahler (Tb) Sylvain Bardiau (Tpt)

Résidence de création à LA CLEF / St-Germain-en-Laye / novembre 2012

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